Bordeaux - Paris 2004

1 - pourquoi je souhaite participer à cette randonnée
août 2007 se déroule la prochaine édition de la plus grande randonnée cyclotouriste au monde : PARIS BREST PARIS soit 1200 km à parcourir en moins de 90 heures. Décidé à y participer, il me reste à me préparer. Du temps, j'en ai, mais peut être pas trop.

fin 2003, je décide de faire Bordeaux -Paris en juin 2004, dans la catégorie cyclo-randonneur en 35 heures. cette randonnée sera ma première pour découvrir les joies que peuvent procurer ces randonnées au long cours, mais aussi les contraintes quelles imposent.

2 - ma préparation pour cette épreuve randonneurs longue de 622 km qui se déroule du 18 au 20 juin 2004
Dès la fin 2003, je me rapproche de cyclotouristes habitués à ce type de randonnée : les AUDAX Lavallois. et je change radicalement ma manière de rouler : plus question de passer quelques heures à 30 km/h, mais des sorties plus longues et à allure inférieure à 25 km/h.

Fin février, les parcours deviennent déjà sélectifs et je n'hésite pas à rallonger le cicuit proposé d'une bonne heure, ce qui me permet de faire près de 110 km le dimanche matin.
Mon compteur affiche désormais 1400 km et environ 65 heures de route.

Le mois de mars se déroule bien, mais je dois m'imposer une semaine de repos.
Les conditions météo sont favorables, avec un vent souvent présent. Les sorties s'enchainent pour atteindre près de 6 h et 140 km.
En fin de mois, mon compteur affiche 2200 km et environ 100 heures de route.

le mois d'avril doit être l'occasion d'enchainer Les kilomètres lors de sorties plus longues. un brevet de 200 km est organisé par les AUDAX Lavallois le dimanche 4 et je suis au départ avec 45 autres participants. le parcours se déroule dans le sud-est du département ainsi que dans le Maine et Loire. la première quinzaine, j'atteins déjà les 800 km en accumulant 300 km chaque week-end.
un rendez-vous important le 25 avril, sur la grande route des monts à tennie (72)
cette randonnée cyclotouriste de 185 km s'est déroulée par un magnifique temps ensoleillé et chaud, avec un faible vent. Le parcours est très exigeant mais les jambes sont bonnes et excepté une double crevaison dès le 17°km, la journée s'est passée sans aucun souci.

Mon compteur affiche désormais 3800 km et près de 160 heures de route.

Le mois de mai doit être le mois de la découverte de la nuit.
Un nouveau défi à mon programme : rejoindre Landerneau (29) de nuit, soit une randonnée de 350 km programmée le week-end prolongé de l'Ascencion. Je quitte bonchamp le mercredi à 14h30 et arrive à destination le lendemain matin à l'heure du petit déjeuner, soit après 18h de route dont 15h sur le vélo. Par une nuit sans lune et un temps agréable, malgré la fatigue les 3 dernières heures, le bilan est plutôt positif.
Mon compteur affiche désormais 5200 km et près de 220 heures de route.
Il ne me reste plus qu'à me maintenir en forme pendant 2 semaines, afin de me présenter dans les meilleures conditions au départ de Bordeaux.
Je vous souhaite de bonnes randonnées printanières et je vous donne rendez-vous pour vous conter mon Bordeaux-Paris, avec le dossard 460.

3 - de Bègles à Ballainvilliers, au fil des kilomètres

Je me présente au départ avec un compteur affichant 5600 km et environ 238 heures de route.
Vendredi 18 juin à 17 heures : alors que 3 collègues des audax lavallois (André, Jacques et Jules) ont pris le départ ce matin dès 6 heures pour l'option 59 heures, je me présente pour retirer mon dossard. De nombreux cyclos sont déjà sur place pour faire la même opération, dans un village départ très calme. Mon premier étonnement pour le départ d'une telle épreuve : pas d'ambiance musicale, pas d'animation.
Le nombre d'engagements parvenu aux organisateurs est de 410 en 59 heures, 814 en 35 heures et 306 en 27 heures.
après une courte nuit, réveil à 4h30 et petit déjeuner sur l'aire de départ à 5h, puis attente de l'heure du départ avec Jean-Philippe, en compagnie de cyclos du ccmayenne.

Peu après 6 heures, le départ est enfin donné, et les quelques 800 partants quittent la plaine des sports de Bègles pour traverser la Garonne par le centre ville de Bordeaux. Les premiers kilomètres sont parcourus à une vitesse de 20 km/h. Ensuite, le peloton prend une allure comme pour une cyclosportive, et c'est à plus de 30 km/h que la première partie du circuit se poursuit. Dès avant Camarsac, au bénéfice d'une côte, une centaine de cyclos prennent le large. Le peloton reste groupé jusqu'aux environs du 100° km ou une succession de bosses le casse.
Je reste toujours dans les devants de ce groupe et arrive au 1° point de contrôle C1 de Ruelle, après 145 km à une moyenne de 31.15 km/h, sans avoir rencontré de difficultés. je m'accorde, comme je le ferais à chaque point de contrôle, 1/2 heure d'arrêt pour le pointage et surtout, pour me ravitailler.

A 11h15, départ pour la seconde partie. Plus de peloton, et c'est presque seul que je parcours 50 km sur une route très vallonnée avant de trouver un groupe de 8. L'entente est très bonne et chacun participe activement. Je laisse filer mes compagnons sur ennui mécanique, le seul que je vais rencontrer pendant ces 2 journée : la casse de l'un des supports de mon porte-bagages. Il me reste environ 20 km avant le C2. en arrivant à l'Isle-Jourdain, je me rend dans un garage automobile afin de trouver de quoi faire une réparation de fortune, qui tiendra, avec chance jusqu'à l'arrivée. Il est 14h55 quand je passe au contrôle, et voilà parcouru 236 km à une allure moyenne de 29.15 km/h.
Nouveau départ à 15h20. je me suis remis en maillot manches longues car le temps couvert et les températures fraiches m'incitent à la prudence. Au gré des difficultés du parcours, les groupes se font et se défont, et beaucoup roulent seuls, chacun allant à son allure. Je fais une bonne distance en groupe avant d'être pris sous une averse du coté de saint-savin. je prend mes précautions en m'arrêtant me couvrir de mon imper. faisant le parcours en totale autonomie, je ne peux envisager de prendre le risque d'être trempé. Je poursuis donc mon chemin seul, avec un vent défavorable. Lorsque je vois le panneau indiquant la Roche Posay, j'ai une pensée pour mes collègues de Bonchamp qui y font étape le soir même, lors de leur rando-raid les conduisant sur Gap.



Le parcours proposé nous fait découvrir de charmants villages comme celui de Angle sur l'Anglin. Ici plus qu'ailleurs, à l'entrée et pendant la traversée du village, je me suis arrêté pour prendre quelques photos, d'autant que le soleil fait une apparition. Mon allure est légère pendant 50 km, puis nous roulons à 3 jusqu'au contrôle suivant à allure soutenue. A la sortie de Tournon Saint Martin, plus de jambes pour passer une cote. L'un de mes compagnons lache complètement prise, moi j'absorbe rapidement quelques aliments et nous arrivons à 2 au c3.



Le premier ravitaillement de l'organisation. Un bon casse-croute et quelques compotes de fruits me font le plus grand bien. Il est 18h30 et déjà la moitié du parcours de fait : 315 km en 12h30 dont 11h15 sur le vélo. Ma moyenne générale est alors de 28 km/h.





19h00 : bien que fatigué, je décide de ne pas rester plus longtemps me reposer car je préfère en remettre un coup avant la nuit. Dès le départ, une nouvelle averse qui durera près d'une heure. Un petit arrêt à Clion puis j'intègre un groupe de 20 cyclos qui roule bon train jusqu'au c4. Il est 21h58, et environ 310 cyclos partis à 6h00 ont déjà pointé. Voilà 388 km de parcourus à la moyenne générale de 27.6 km/h. Je m'équipe pour rouler la nuit : cuissard long, maillot manches longues recouvert de mon baudrier et je repars à 22h25.







Après quelques km, nous formons un groupe de 5 qui se réduira à 3. Le parcours est exigeant avec ses très longs faux-plats. Durant les derniers kilomètres avant le c4, je ne suis plus capable de prendre de relais mais mes 2 compagnons poursuivent leur effort à 26 de moyenne. Nous sommes au point de contrôle et 2° ravitaillement à 0h50. Je décide de me reposer un peu et après avoir pris une petite soupe et un casse-croute (merci à tous les bénévoles qui ont passé leur nuit debout pour nous), je passe 2 heures allongé au sol. Le sommeil est très perturbé, et à 3h15, je me lève. Pas dans mon assiette, pas d'appétit, je me force à prendre un casse-croute et un café avant de reprendre mon vélo. A cette heure-ci, cache-col, surchaussures et gants longs complètent l'équipement car le lever du jour s'annonce frais.




3h45 : nouveau départ. rapidement, nous sommes à 4 ensemble. le trop léger repas pris avant le départ mais vite insuffisant, l'eau fraiche désagréable à boire, mes aliments secs insuffisants pour me donner le tonus nécessaire à mon avancée. Mon vélo avance comme il le peut, je roule seul, vois passer les coureurs non éclairés, sinon par leur voiture suiveuse, m'arrête souvent pour manger et boire. Je pense que dès 7h je pourrais trouver un café en bord de route pour un prendre un bien chaud. Le circuit évitant les villages, il me faut attendre d'arriver à Autruy au c6 à 9h00 pour celà. Ma moyenne sur les 112 km de cette étape est de 20.6 km/h.

A 9h30, je reprend mon vélo après avoir pris 2 grands cafés, 2 pains aux raisins et quelques autres barres de céréales, un peu inquiet tout de même car je m'attend à une fin de parcours difficile, de part mon état de fatigue et les bosses attendues après les longues distances faites sur le plat. Les premiers km se font sans difficultés majeures et j'en profite pour tenir un bon rythme, tantôt seul, tantôt accompagné. A la sortie d'Etrechy, je laisse mes compagnons derrière moi dans la longue montée, alors que je ressent une douleur au tendon d'achille. Je passe les différentes cotes en souplesse, profite à nouveau des paysages. La fin du parcours est très difficile avec les nombreuses montées, les petites routes pour traverser les localités, mais très agréable. Enfin, vers 12h30, j'entre à Ballainvilliers et à 12h38, je passe la ligne d'arrivée.
Voilà 30h et 38mn que j'ai quitté Bègles, parcouru 635 km à une moyenne arrêt compris de 20,7 km/h, et 25h15 de vélo soit une moyenne de 25.25km/h.
Content de retrouver mes collègues de Laval, tous arrivés à bon port et sans encombre au cours de la matinée, Jean-Philippe s'étant même autorisé à être sur la ligne d'arrivée avant l'ouverture du point de contrôle d'arrivée.

Mon étonnement : avoir réalisé une telle moyenne sur une si longue distance, alors que lors de mes entrainements, je n'ai jamais cherché à avoir un rythme soutenu. Les heures de selle, la motivation, l'envie m'ont permis d'atteindre mon objectif : j'ai fais mon 1° Bordeaux-Paris.
Mes remerciements à celles et ceux qui m'ont supporté dans ma préparation, me traitant parfois de fou. Mais des fous, sur ce parcours, je ne crois pas en avoir vu. J'ai vu des filles (car il y en a) et des gars qui avaient envie de réussir, d'aller au bout de leur envie, tout simplement.
Merci aussi à tous les bénévoles qui sont également allé jusqu'au bout en assurant les points de ravitaillement, en préparant les casse-croute toute la nuit, aux signaleurs présents sur les derniers kilomètres, aux organisateurs, à la réalisation du fléchage sans faille.

Mon coup de gueule : à tous ceux qui ne respectent pas leur engagement, celui de suivre le règlement défini par les organisateurs, en se faisant ravitailler en route, en n'ayant pas d'éclairage, ... et encore plus à leurs accompagnateurs qui avec leur véhicule se permettent d'aller jusqu'à doubler un peloton de 200 à 500 cyclos, sans visibilité, sans tenir compte des véhicules roulant sur l'autre file et qui n'avaient d'autre solution que de se mettre sur le bas coté. Tout au long de cette randonnée, que j'ai réalisé en totale autonomie, j'ai assisté à la course des voitures suiveuses.

En conclusion, pour tous ceux cités dans ce dernier paragraphe, je me permet de rappeler la définition du petit Larousse pour "randonnée" : "promenade assez longue" et, à chacun sa satisfaction.


Pour tous les mordus ou curieux de ce type de randonnée, je vous propose :

bordeaux paris 1998 en poème



Retour